bicha de balazote
Journal Safran

Une journée à Balazote – pays du safran de la Mancha

Il est cinq heures du matin et notre réveil sonne, objectif de la journée : rencontrer notre producteur de safran.
Le GPS indique 2h40 de trajet jusqu’à notre destination. Nous avons rendez-vous avec Sergio à 9h pour visiter les champs de safran. De mon côté j’ai toujours rêvé de voir un champ de safran en fleur. Nous recevons un message de Sergio, un peu déçu disant que ce matin il n’y a pas beaucoup de safran. Pour nous un peu sera mieux que rien du tout.
Nous avons la chance de venir pendant les 15 jours de la récolte du safran.

Nous arrivons à La Herrera et Sergio nous attend sur la place. La Herrera est un petit village très pittoresque avec des petites maisons plein pied et une vie calme comme celui de mon enfance. Sergio nous amène dans les champs de Safran de la Manche où ses parents et des saisonniers sont en train de cueillir les fleurs de safran.
Pendant les quinze jours de récolte du Safran de la Mancha le rythme de cette famille est marqué par les fleurs de crocus qu’ils soignent avec passion.
sergio dans le champ

Une affaire de famille

C’est la maman de Sergio qui connait la culture de safran depuis toute petite qui nous raconte. Elle nous avoue que les jours de récolte et de séchage du safran sont pour elle remplis d’émotion et de bons souvenirs d’enfance. Elle a voulu garder les traditions et le savoir-faire que ses ancêtres lui ont transmis. La seule amélioration technique qu’elle a apporté au processus se fait au niveau du séchage du safran, avec un système de séchage plus performant que le traditionnel au feu de bois.

Elle accompagne son safran du champ à l’aurore jusqu’à la dernière étape, le séchage, parfois tard dans la nuit. Tout doit être fait dans la journée : cueillette, émondage et séchage. Ensuite elle stocke tout dans un récipient métallique qui abrite le safran de la chaleur et de la lumière. Il n’est mis en pot qu’à la commande d’un client.

Les paniers de récolte, une tradition qui se perd

Dans les champs, le safran se récolte à l’aube. Les saisonniers travaillent avec de beaux paniers en sparte fabriqués à la main par les anciens du village. Sur un côté du panier un tissu et cousu pour éviter que les fleurs s’envolent en cas de coup de vent. Ils les gardent soigneusement car apparemment ils sont difficiles à trouver aujourd’hui. Le sparte est protégé, ceux qui se risqueraient à le cueillir risqueraient une amende.Panier en sparte fait à la main
La famille a été dans le partage toute la journée, ils ont pris le temps de nous montrer comment cueillir la fleur, nous expliquer comment elle pousse, les enfants de la fleur dans le bulbe et nous ont transmis la passion pour leur produit.

El almuerzo au pays de l’ail et du safran

Ensuite Sergio nous a amenés dans un bar « almorzar ». El almuerzo en Espagne est une pause pour chaque travailleur entre dix et onze heures. Dans le bar, nous avons eu l’occasion de boire un café et déguster un bon sandwich en discutant avec Sergio sur son parcours et sur le parcours de son produit.
Ses parents ont voulu donner l’opportunité à chaque enfant de faire des études et il a choisi l’enseignement. Une fois ses études finies et en attente de concours (tout a été suspendu pendant la crise et maintenant les places sont peu nombreuses) il a commencé à travailler dans la coopérative de distribution d’Ail de Balazote de son père. C’est ainsi qu’il a acquis les connaissances et l’assurance pour développer la marque familiale de safran de la Mancha : Azafranes Hebra Roja.

Emondage à la main, un art

Sergio défend la procédure artisanale du travail de safran et encourage à consommer du Safran AOP.
Ensuite nous avons visité la maison familiale ou une dizaine de personnes émondaient les fleurs. On sentait les bons moments passés autour de cette table, les confidences, et surtout les rires et les chants parfois. Il leur arrive de rester après minuit et et de recommencer à 11h le lendemain. Certaines de ces personnes nous expliquent qu’ils ont commencé à émonder étant petites et chacun nous donne ses astuces de cuisine avec le safran de la Mancha.
Sergio nous accompagne alors visiter la zone d’exportation d’ail de Balazote et nous montre son entreprise Santa Monica.Emondage du pistil de safran

La générosité, une constante à Balazote

La générosité de cette famille et le soin donné au safran nous ont confortés dans nos choix. Aussi, nous sommes fiers de nos producteurs et croyons au travail sérieux et minutieux de Sergio. Il croit en la jeunesse et nous ne doutons pas qu’il se fera une place importante dans le commerce du safran.
Ses parents lui ont transmis les bonnes valeurs et luttent chaque jour pour défendre le Safran DOP et pour produire la meilleure qualité.

Nous remercions toute la famille et spécialement Sergio pour l’attention et la journée privilégiée que nous avons eu l’opportunité de passer à vos côtés.

 

Veronica

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